Vaccin contre la grippe A 2009
29 août 2009 | Rubrique: Santé Médecine généraleQuel avenir pour le vaccin contre la grippe A/H1N1 2009 ?
Le vaccin spécifique contre la grippe A/H1N1 2009 est annoncé pour la mi-octobre. Des vaccinations de masse sont prévues.
Or les choses ne sont pas aussi simples et l’avenir de ce vaccin à un milliard d’euros s’assombrit de jour en jour.
Tout d’abord, la bénignité (relative) de cette nouvelle grippe se confirme au fur et à mesure que l’épidémie décroît dans l’hémisphère sud où l’hiver se termine. La grippe A 2009 ne tue pas plus que la grippe A saisonnière, en tout cas pas suffisamment plus pour qu’une différence soit détectable.
Or, les vaccins contre les maladies bénignes ont généralement peu de succès. En dehors des populations à risque (vieillards, grand malades) et de ceux qui ne peuvent se permettre de manquer leur travail une semaine, il y a finalement peu d’indication formelle à cette vaccination.
Ensuite, il existe en France un mouvement antivaccinal fort, ravivé par les errances de la vaccination contre l’hépatite B. Cette caricature de politique de santé publique liée à des intérêts industriels à généré une contre-réaction violente, parfois disproportionnée, et très organisée. Ce mouvement va se déchaîner contre ce vaccin auréolé de soufre avant même d’être sorti (le laboratoire Baxter a demandé l’exonération de sa responsabilité du fait des délais imposés).
Mais, surtout, une vidéo circule sur internet depuis quelques semaines, et son impact va être désastreux pour les promoteurs de cette vaccination.
Il s’agit d’un reportage de 1979, issu de la célèbre émission CBS 60 minutes. Sans sombrer dans la facilité habituelle de ce genre d’émission (en France), elle démonte cruellement l’incurie des autorités sanitaires, l’aveuglement des promoteurs du vaccin, le silence imposé aux lanceurs d’alerte, la dissimulation des informations négatives sur le produit. Bref, la routine. Nous avons pu vérifier en France lors de la vaccination de l’hépatite B que rien n’avait changé : ces problèmes sont structurels et non conjoncturels.
Je vois assez mal la campagne de vaccination se relever d’un tel dossier à charge. Personnellement, j’hésite beaucoup à me vacciner : une immunité naturelle (par la maladie) serait peut-être préférable pour l’avenir et je suis dans un groupe à faible risque de contracter la maladie : plus de 50 ans et deux grippes récentes. La seule incitation serait de rester indemne pendant l’épidémie. Je serais un peu gêné de faire répondre à mes patients « le docteur est grippé et ne reprendra le travail que la semaine prochaine »…
Source de l’article : Atoute.org